La Figuration
De la prise de forme à la subjectivation
Certaines expériences ne relèvent ni du conflit représenté, ni du symptôme au sens classique, ni d’un défaut que l’on décrirait négativement comme un manque de symbolisation. Elles agissent, elles pèsent sur le corps et sur la relation, mais elles ne se présentent pas encore sous une forme assez constituée pour être reprises dans le langage du sens.
Ce site est consacré au travail psychique qui s’accomplit entre l’informe et le symbole — un travail de prise de forme que je nomme figuration.
Le livre
La Figuration. De la prise de forme à la subjectivation. Une métapsychologie de l’originaire.
Ce livre part d’une difficulté que la clinique impose sans relâche. Il isole le travail psychique qui s’effectue entre l’informe et le symbole, et en dégage les opérateurs, les régimes et les deux versants : les figures qui ferment contre l’excès, celles qui bordent une absence.
Il ne s’en tient pas là. Son second mouvement montre que la forme, une fois trouvée, peut cesser d’être un passage vers le sens pour devenir une demeure. Certains sujets s’établissent dans leur figure ; quelques-uns la préfèrent au sens et tiennent cette préférence contre un symbolique éprouvé comme une prise. Non pas je ne veux pas savoir, mais je ne veux pas être su. Le livre établit la raison de cette position, en restitue la part active, puis pense sa sortie possible : comment le sens peut redevenir accessible sans être payé d’une dépossession, et à quelles épreuves une telle sortie se reconnaît, afin de ne rien promettre qu’aucune cure ne tienne.
La thèse s’inscrit dans la métapsychologie freudienne et ses prolongements — Ferenczi, Winnicott, Bion, Aulagnier, Green, Abraham et Torok, Roussillon, Jacques Press —, dans un dialogue de proximité et d’écart avec Lacan, et de façon centrale dans le sillage de César et Sára Botella : là où leur figurabilité pense le travail de la séance, la figuration en fait une morphogenèse générale de l’originaire, puis une théorie des styles de subjectivation. Elle est éprouvée sur une charnière clinique et littéraire de quatre chapitres : un cas de fermeture corporelle, l’écriture de Marie Cardinal, La Disparition de Georges Perec, et la transmission d’une forme à travers les générations.
Seize chapitres organisés en deux mouvements et une charnière, une conclusion, deux envois, trois annexes et une bibliographie. Environ cent soixante-cinq mille signes. L’ouvrage s’adresse aux praticiens et aux théoriciens de la psychanalyse, ainsi qu’au lecteur cultivé qu’une pensée des formes concerne.
Manuscrit achevé. En cours de soumission éditoriale.
Pour être prévenu de la parution, écrivez-moi : feblanc@proton.me
Le concept
La figuration désigne le travail par lequel une matière psychique encore informe prend une forme tenable, avant même de devenir représentation. Elle s’articule par trois opérateurs. L’interférence est la rencontre de ce qui excède avec ce qui accueille. La normation est l’institution de la règle qui rend cette rencontre supportable. L’arrangement est la solution durable que le sujet en tire, et dans laquelle il se tient.
Les formes ainsi obtenues ne se valent pas. Une figure vivante demeure remaniable : elle tient et laisse passer. Une figure supplétive supplée à ce qui a manqué, au prix d’une dépense. Une figure gelée ne se remanie plus ; elle protège et elle enferme.
Née de l’enseignement de la sociologie des organisations avant de devenir métapsychologie, la figuration est nativement faite pour articuler le sujet et le système, l’intime et l’institutionnel. Une institution est elle-même une figuration collective.
Travaux
Cette page recueillera les textes, communications et études qui prolongent l’ouvrage.
L’auteur
Psychanalyste, juriste et haut fonctionnaire de formation, j’ai consacré ma carrière à la conduite du changement et à l’accompagnement de dirigeants dans des organisations à fort enjeu.
Les premiers textes de la figuration sont nés de mon enseignement de la sociologie des organisations et de l’épistémologie, au début des années quatre-vingt ; ils ont été repris et approfondis pendant plus de trente ans, dont ce livre est l’aboutissement.
Je suis auditeur des cycles de conférences de la Société psychanalytique de Paris et des congrès des psychanalystes de langue française.
Blois — feblanc@proton.me